Accueil  Hotel   Parlons nos langues   Profils   Cuisine   Insolite   Petit dico Nouchi   Blagues   A propos de nous  Contact
 
Showbiz Actualités Evènements Musique Coin Chic Dossiers À la decouverte de Galerie Photo Vidéo
     
ACTUALITES

Didier Bilé : ''Je suis le messie du zouglou''



Passer un moment en compagnie de  Didier Bilé est un régal car le chanteur n’a d’égal que lui-même, marrant et instruit. Quand il évoque le sujet sur le zouglou, son inspiration est intarissable. Au détour d’une virée au Ranch du Jourdain, son domaine naturel privé près d’Azaguié, Didier s’est ouvert à nous. La naissance du zouglou, son envol sur le plan international, sa carrière, il parle de tout sans faux-fuyant.   .


Comment est né le zouglou et qui sont les vrais créateurs du zouglou ?


- C’est l’éternelle question. Les véritables créateurs du zouglou sont Christian Gogoua dit Jo Christy et Serge Bruno Porquet  qu’on appelle Opoku Nti. Je suis arrivé quand ils avaient déjà créé cette façon de danser-là. Ils sont les dieux du zouglou et moi, je suis le précurseur. Si on voyait cela de façon biblique, j’aurais été le messie, celui qui était chargé de drainer et de balancer la bonne nouvelle. On était dans les années 88-89 en cité universitaire et on avait cette manière de faire qu’on appelait l’esprit zougloutique. C’est moi qui ai vulgarisé le zouglou en le faisant sortir de son cadre purement universitaire quand je suis arrivé à la cité universitaire de Yopougon. C’est comme ça que le zouglou est né.   .


Quelle filière faisiez-vous et quel niveau d’études ?


- Quand j’ai eu mon brevet d’accès au campus, c’est-à-dire le bac, j’ai été orienté en Sciences-Eco et je logeais à la cité universitaire de Yopougon.  


. Pourquoi avez-vous créé le zouglou ?


- C’est comme si on me demandait pourquoi je suis né. A la base, c’est une façon de parodier les genres, les choses. Et puis après, c’est devenu une expression. D’où la philosophie zougloutique qui était la philosophie de la galère de ceux qui revendiquent des choses qu’ils n’ont pas. Si on voulait faire un résumé un peu affirmatif, le zouglou serait aujourd’hui l’équivalent de ce qu’est le reggae pour les Jamaïcains et le rap pour les Noirs-Américains. Dans les années 90, le campus était prévu pour accueillir 7.000 étudiants. Mais on était déjà 21.000. Il n’y avait pas plusieurs campus en Côte d’Ivoire. Il n’avait qu’un seul. Imaginez-vous les bacheliers de Tengrela, Dimbokro, Bouna, Sassandra, Abengourou… qui venaient se retrouver à Abidjan. Beaucoup n’avaient pas forcément un parent dans la capitale économique. La capacité d’accueil était largement dépassée. Voilà pourquoi, on ne se préoccupait pas d’où venait l’autre ou qui était-il. Vous verrez donc que le premier groupe zouglou s’appelait ‘’Les Parents du Campus’’. Parce que sans savoir même de quelles régions on venait, on était tous des frères, des soeurs. Quand les étudiants de la génération 90 comme le ministre d’Etat Hamed Bakayoko, le ministre Mabri Toikeuse ou son excellence Guillaume Soro, président de l’assemblée nationale sont ensemble, ils se retrouvent dans un esprit de parents parce qu’on était tous les parents du campus. On partageait tout ensemble. L’essentiel, la principale activité, c’était aller à l’étude. C’est pour cela qu’il y avait les Cambodgiens. C’était les étudiants qui squattaient les chambrent de leurs amis. Ils dormaient avec leurs camarades pour pouvoir au moins aller aux cours. On avait cet esprit de fraternité qui était le socle du zouglou.   .


En tant que mot, le terme zouglou a-t-il une signification ?


- ‘’ô ti lè zouglou’’ : ils sont rassemblés comme des ordures en baoulé pour monter l’état de promiscuité dans lequel on vivait. On était là comme ça, comme des délaissés. Et on a essayé justement de remonter la pente à travers cette inspiration-là.  


. 30 ans après, quel bilan faites-vous de votre création ?


- Après 30 ans, je peux dire que le zouglou poursuit sa route. Le zouglou est comme un cerf-volant. Au début, il faut le lancer. Et quand il est lancé, il est parti. Je remercie tous ceux qui ont contribué, qui contribuent ou qui contribueront à la promotion du zouglou. Le zouglou est comme un édifice et comme tel, il doit être entretenu par tout le monde. Il y a quelqu’un qui crée l’édifice et après les autres viennent l’entretenir. Si on ne le fait pas, il tombe en désuétude. C’est pour cela que le zouglou restera aussi longtemps que possible. Le reggae a commencé quelque part. Aujourd’hui, il perdure parce qu’il a des disciples. Je dis encore merci à tous ceux qui ont fait, qui font ou qui feront le zouglou. Mais il reste encore un travail à faire pour internationaliser le zouglou.  


. Que ressentez-vous aujourd’hui par rapport au zouglou ?


- C’est un sentiment de fierté. En toute humilité, je suis fier. Quand je passe dans la rue, même quand je n’ai pas sorti d’album, les gens me reconnaissent. Ils me respectent et me témoignent leur amour. C’est suffisant pour moi. Moi, je dis que je suis riche, très riche de tous ces gens qui m’aiment grâce au zouglou.  


. Comment faire pour internationaliser le zouglou car depuis, on constate que ça traine ?


- Là, ce n’est pas à moi de répondre. Je pense qu’un jour le zouglou sera beaucoup plus international. Il y a déjà des signes. Magic System fait connaître quand même les sons du zouglou ailleurs. Yodé et Siro, Les Patrons et moi qui ai fait des titres comme ‘’Ya Fohi’’ qui sont écoutés partout. Le zouglou s’écoute partout. Mais on aimerait tous que son enfant soit le plus beau au monde. Pour le moment, le zouglou n’est pas à la place où j’aimerais qu’il soit.  


. Vous dites que vous êtes fier de vous. Est-ce que la musique a-t-elle tué le brillant élève dont on dit que vous étiez ?


- Quand on est intelligent, on est intelligent. Et la musique est aussi un métier.   . Vos parents auraient aimez que vous soyez cadre de banque par exemple… - Ça, c’est une réflexion très africaine de la réussite. Il n’y a pas très longtemps, quand on jouait au football, notre papa nous frappait. Il nous intimait l’ordre d’aller étudier.


Combien de carrières n’ont-elles pas été brisées parce que les gens considéraient que le football n’était pas un métier ?


Maintenant, quand on voit les Didier Drogba, Gervinho, Kolo et Yaya Touré, tout le monde s’intéresse au foot. J’ai vu des gens pleurer à la maternité parce que leur enfant était une fille. Le football est devenu maintenant un métier. C’est la même chose pour la chanson. En Afrique, un jour, les gens comprendront que la musique est un métier. Oui, j’étais un brillant élève. Mais ce que j’aime, c’est la musique. Respectez au moins mon choix. Je veux faire de la musique. Je ne veux pas être pilote. Ce n’est pas parce que je fais du zouglou que je suis devenu bête.Il y a longtemps que je fais du show business. Maintenant, je vais faire le business du show. Ça, c’est très important.  


.  Regrettez-vous votre choix ?


- Non, pas du tout. Je pense que mes parents sont assez satisfaits de moi car ils ont un enfant qui les aime. J’aimerais qu’ils vivent encore longtemps afin qu’ils voient ma grandeur d’esprit. Je pense que le meilleur est à venir.   .


Y a-t-il des raisons qui t’obligent t’installer en France ?


- Oui ! Ma famille. Ma femme et mes enfants sont en France. Je pense que lorsqu’on a atteint la moitié des 100 ans, il faut penser au retour à la Terre promise. La Terre promise pour nous, c’est la Côte d’Ivoire. On est en train de préparer le retour.   . Pour de nombreux observateurs de la scène musicale ivoirienne, quand un artiste s’installe en France, sa carrière prend un coup… - Ce n’est pas faux ! Cela est dû au fait que les infrastructures et les moyens de développement de la carrière artistique sont quelquefois très difficiles en Europe pour les artistes africains. C’est compliqué de rester en Europe et demeurer au firmament. Voilà pourquoi, les artistes reviennent au pays pour se ressourcer. Mais il y a quand même d’autres qui vivent à Bengue et qui continuent de briller. C’est une question d’étoile.   .


Comment faites-vous pour vous en sortir ?


- Je m’en sors parce que je ne fais pas que de la production musicale. Qui consiste à attendre les ventes d’albums. Je fais beaucoup de choses mais toujours dans le cadre de la musique. Je participe à de nombreux shows privés qui rapportent énormément.   


Quel bilan faites-vous de votre propre carrière ?


- On ne fait un bilan que lorsque les exercices sont terminés. Pour le comptable que je suis, je peux dire que l’exercice n’est pas encore fini. Je pense que nous sommes juste au début. Le plus beau est à venir. Alors, gardez les yeux ouverts.   


Pourquoi, on est dans cet endroit ?


-  J’aime beaucoup me ressourcer dans la nature et là, je suis dans mon domaine baptisé ‘’Ranch du Jourdain’’. Je suis là pour aider le gérant à développer cet endroit et à faire de ce coin, un espace incontournable. Le ‘’Ranch du Jourdain’’ sera ‘’the place to be’’ c’est-à-dire, la place où il faut être.


O. K.



Source : zouglou225.com
 
Retrouvez ici d'autres articles de la même categorie :
 
chantre Aloyse Kakou« j ai reçu la guérison et la restauration de la part de Dieu et je les partage dans mes chants »
 
Laurette Ouliyet (Artiste-chanteuse): ‘’L’Afrique est immensément riche de sa culture’’
 
Aminata Sow Fall, écrivain : « La femme n’a jamais joué les seconds rôles »
 
Béné de Paname: De nos jours y’a trop d’ingratitude que ce soit du côté des femmes ou les hommes
 
Béné de Paname: De nos jours y’a trop d’ingratitude que ce soit du côté des femmes ou les hommes
 
Chantre Maman Rose: C’est Dieu qui voulait que je le loue avec ma voix pour annoncer sa parole.
 
 
 
 
 
   
 
   
   
    Espace reconmandation
    Votre Nom
    Le(s) adresse(s) mail(s) de vos amis
      *pour inserer plusieurs mails separer les par un espace
       
 
 
Évènements
     

     
    FAITES VOS DEDICACES ICI
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Dédicaces du moment
     
     
    Cliquer sur une dédicace pour écouter la musique qui l'accompagne
     
         
             
    Reseau sociaux
     
       
       
       
     

    Nos partenaires


      

    Nous contacter
    Siège social: Yopougon Face au CHU - Immeubre Baraka - Porte A3
    | Tel: 225 23 45 75 35 | Cel: 225 07 84 55 94| Email : info@akwaba.biz
    akwaba.biz, akwaba.net, version 2.0 tous droits réservés
    Conception et réalisation Technova