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Abobo: 3 Frci arrêtés pour meurtre



Ibrahim Thiam, Adama Diomandé et Boukary Sidibé sont écroués pour meurtre. Ils sont soupçonnés d’avoir tué le nommé Ali Camara dit Dg dans la nuit de vendredi à samedi dernier.


Bien qu’il subsiste encore des zones d’ombre sur les raisons de leur acte, une chose est certaine, ils ont participé à l’assassinat. Samedi matin, des riverains découvrent un corps sans vie à proximité de la cité universitaire d’Abobo. L’information parvient au camp commando, quartier général du commandant Gaoussou Koné alias Jah Gao. Les premières explications révèlent que des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) sont venus à la cité qui sert de camp, avec un homme blessé. Ils ont affirmé que l’individu est un voleur qu’ils ont arrêté. Mais vu son mauvais état, les éléments de la cité leur demande de le conduire à l’hôpital. Lorsque le corps est découvert le lendemain, ils n’ont aucune difficulté à faire le lien avec leurs frères d’arme de la veille. Le commandant Jah Gao arrive à avoir des informations sur l’un des suspects : Boukary Sidibé. Il obtient même son numéro de téléphone. Le Cdt l’appelle. Boukary explique alors que la victime est un voleur qui a tenté de lui chiper son téléphone portable. Elle l’aurait même poignardé. Se disant invulnérable au couteau, il a riposté blessant son agresseur présumé. Pour éviter une chasse à l’homme, le Cdt Koné rassure le suspect. « C’est un voleur que tu as tué. Tu n’as pas à t’en faire. Viens au camp pour qu’on règle ça », le rassure-t-il. Sidibé ne se doute pas que son histoire n’a pas convaincu son chef. En confiance et loin d’imaginer ce qui l’attend, il se rend au camp. Jah Gao veut en savoir plus sur ce qui s’est passé. Il demande à l’accusé de reprendre son histoire. L’exercice est difficile. « J’étais dans le gbaka (minicar de transport en commun, ndlr) au niveau de la pharmacie Aboboté. Il y avait un embouteillage. Je tenais mon téléphone quand un individu me l’a arraché. Il a pris la fuite. Je l’ai poursuivi. La population l’a rattrapé. Elle était déjà en train de le tabasser. Je me suis présenté, je l’ai pris entre leurs mains et je suis allé avec lui au barrage des Frci le plus proche », relate-il. Nulle part, il ne fait allusion au coup de couteau qu’il aurait donné pour se défendre. «A quel moment l’as-tu poignardé alors ?», interroge le Cdt. «Quand je suis arrivé au barrage », répond le suspect qui précise qu’il a porté son coup à la cuisse. « Donc tu l’as poignardé alors que tu étais au barrage des Frci et qu’il ne représentait aucune menace ? », charge le commandant de brigade de la gendarmerie appelé entre temps. Sidibé soutient alors que lorsqu’il rattrapait ‘’son voleur’’ il saignait déjà au niveau de l’abdomen. Puis il confie que lorsqu’ils ont quitté ce barrage à Aboboté pour le camp de la cité, ils ont mis la victime dans un taxi. Lui était assis devant et son ami « Adamo » à l’arrière. C’est ce dernier qui aurait piqué Ali. Mais où est l’arme du crime ? Sidibé affirme qu’elle est avec le nommé Thiam. Des éléments vont à la recherche de celui-ci. Il avoue avoir donné juste un coup de main pour sortir le corps de la cité. Mais où est le couteau ? «Je l’ai jeté», réplique-t-il. Le Cdt Jah Gao lui fait comprendre qu’il est complice parce qu’il a voulu dissimuler l’arme du crime. «Non, ils sont partis me laissant l’arme entre les mains. J’ai paniqué. Je ne savais pas quoi en faire alors je l’ai jetée», se défend-il. L’officier le fait accompagner pour aller chercher le poignard. Quelques instants après, ils reviennent avec l’arme. Mais Adamo n’est pas encore pris. Le Cdt estime qu’il doit être capturé au plus vite avant qu’il ne découvre ce qui se passe. On l’appelle et Thiam discute avec lui pour avoir sa position. Il est chez son père au secteur Kennédy. Thiam profite pour chercher à se blanchir : «Je dis Adamo, quand hier vous m’avez donné kparass-là (poignard, ndlr) vous ne m’avez pas dit qu’il y avait une affaire de meurtre autour ». Son ami lui dit de ne pas paniquer, sûr qu’il n’y a pas péril en la demeure. A peine la conversation termi­née, des éléments se rendent dans sa cachette pour le prendre. Le commissariat du 13ème arrondissement qui a procédé au constat a soutenu que cette affaire est du ressort de la gendarmerie. Les trois suspects ont été mis à la disposition de la force de niveau 2.



 
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